Le tir à l'arc est réellement la première passion de Sylvain Vicogne.
Sylvain Vicogne est sapeur-pompier et archer à la compagnie d'Amiens. Il participera du 25 août au 2 septembre aux Xes Jeux mondiaux des sapeurs-pompiers à Liverpool.
DEPUIS 2000, Sylvain Vicogne, sapeur-pompier amiénois et archer, participe aux épreuves de tir à l'arc aux Jeux mondiaux des sapeurs-pompiers (World firefighters games) les années paires et aux jeux mondiaux de la police et des pompiers qui se déroulent les années impaires.
À chaque fois, d'ailleurs il rapporte des médailles (toutes en or à l'exception d'une seule, en bronze, en 2005 à Quebec.)
La seule impasse qu'il a faite, c'est pour la naissance de son second enfant en 2006 et 2007 d'autant que ces années-là, les jeux ont eu lieu à Hong-Kong et Adélaïde (Australie). Le pompier amiénois est d'ailleurs onzième à l'échelon national en tir à l'arc. Il a découvert ce sport grâce à une démonstration réalisée sur la Foire expo de Picardie alors qu'il n'avait encore que neuf ans.
D'abord archer ensuite pompier
Tandis que son frère, d'un an plus âgé, pouvait intégrer le club, il a fallu au jeune Sylvain une longue année de patience pour pouvoir être licencié à son tour. En même temps que leurs deux fils, les parents Vicogne découvrent la discipline et c'est ainsi que toute la famille développe une passion pour le tir à l'arc et la compétition. « Et une fois qu'on a le pied dans la compét'… », laisse en suspens le trentenaire qui essaie pour garantir sa vie de famille de faire un choix dans les compétitions qui s'offrent à lui et l'entraînent tous les week-ends sur les stades.
Ce week-end, il en a même disputé deux. En outre, le rythme imposé par son métier ne rend pas les choses plus simples à gérer.
Pompier, il l'est devenu plus tard. En 1998 après une
maîtrise des sciences et techniques « Hygiène industrielles et conditions de travail », il s'engage comme volontaire. En 2000, il passe avec succès le concours et au 1er janvier suivant il devient professionnel à Amiens. Aujourd'hui, il est caporal-chef.
Il est le seul soldat du feu de la Somme à être inscrit aux jeux. Pour cela, il prend sur ses congés. Rien dans les textes ne prévoit ce genre de disponibilité pour les professionnels.
D'ailleurs, s'il peut partir c'est sur ses fonds propres. Le conseil général lui a donné un sérieux coup de pouce et il a également quelques sponsors privés.
Cette année, il s'est engagé sur l'épreuve de Tir FITA olympique. L'épreuve se déroule sur deux jours, en plein air. À chaque fois ce sont 72 flèches tirées sur des cibles placées à 70 mètres de distance.
Il s'est également inscrit, d'avantage pour le fun que pour faire un résultat à l'épreuve de « TFA » (Toughest firefighter alive : littéralement « le pompier vivant le plus résistant. »)
L'épreuve comporte quatre étapes que les concurrents réalisent équipés de la tenue de feu. Ils tirent des tuyaux d'incendie, participent à une course d'obstacles, installent des échelles et des équipements sur une plate-forme puis terminent par l'ascension d'une tour équipés d'un appareil respiratoire.
Sylvain Vicogne rêve d'ailleurs secrètement qu'un jour, les jeux soient organisés à Amiens et qu'il s'agisse d'escalader la tour Perret. Mais pour cela, il faudrait qu'une véritable équipe se constitue autour du projet et que les jeux mondiaux soit davantage connus et populaires.
Marie Joubert